Ponctualité sur Paris – Malesherbes en mai 2019

Je continue à relever les chiffres de ponctualités sur le trajet Gare de Lyon – Malesherbes. Ces chiffres sont calculés et affichés par SNCF.

Rappelons qu’il s’agit de la part des voyageurs arrivant à leur destination avec un retard de moins de 5 minutes. Ce n’est pas le nombre de trains à l’heure, c’est le nombre de voyageurs considérés à l’heure.

Un train supprimé inopinément dégrade le résultat, à la mesure du nombre de voyageurs qu’il aurait du transporter. Un train supprimé de façon planifiée, au moins 48 heures à l’avance, ne contribue pas à la dégradation du résultat.

Les chiffres sont affichés pour la tranche 6h00 – 10h00 dans le sens de la pointe le matin, et dans la tranche 16h00-20h00 toujours dans le sens de la pointe le soir. Seuls les jours ouvrables hors vacances scolaires sont retenus.

Enfin, à cause de la correspondance imposée à Corbeil, Viry ou Juvisy, une moyenne sur le trajet complet est calculée en multipliant les chiffres des deux tronçons. Imaginez que les trains de chaque tronçon transportent 90% des voyageurs à l’heure, sur le trajet complet, seuls 81%, soit 90% de 90% des voyageurs auront été à l’heure.

Mai a été mauvais.

La promesse du SA2019, c’est 90% de ponctualité, sur l’ensemble de la ligne, tous les jours, toute la journée. En mai, seul le 21 mai a respecté cette promesse.

Cliquez sur l’image pour ouvrir l’ensemble des chiffres depuis le début du SA2019, le 9 décembre 2018.

Depuis le 9 décembre 2018 et jusqu’au 21 juin 2019, il y a 95 jours ouvrables hors vacances scolaires. Seuls 9 d’entre eux ont tenu la promesse de SNCF.

Un galérien du RER D sait, en se levant chaque matin, qu’il n’a qu’une chance sur 10 de ne pas se faire pourrir la journée par SNCF.

SA2019: les statistiques de régularité ignorent les correspondances

Vous êtes nombreux à constater le gouffre qui sépare les chiffres de régularité affichés par la direction de la ligne D d’une part, et le ressenti des galériens du RER D d’autre part.

Le journal Le Parisien et le journal Le Républicain l’ont souligné aussi, à partir de témoignages de gens bien réels: quand tout va bien, le trajet total dure 15 à 30 minutes de plus qu’avec l’ancienne organisation (le SA2014)

On peut trouver une explication à ce gouffre en utilisant les chiffres de ponctualité affichés sur la page http://maponctualite.transilien.com avec, par exemple, un trajet Ballancourt – Gare de Lyon avec changement à Juvisy hier matin, le 23 janvier 2019:
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Ballancourt – Juvisy : 89% de ponctualité
Juvisy – Gare de Lyon: 44% de ponctualité

En théorie, selon le contrat entre IdF Mobilités et SNCF, SNCF doit être capable de s’intéresser au trajet complet du client final, et pas seulement au trajet de chacun des trains qu’il emprunte pour son voyage. On peut donc envisager d’interroger cette page pour un trajet Ballancourt – Gare de Lyon.

Eh bien le résultat est édifiant, les données ne sont pas disponibles. SNCF ne mesure pas les temps consacrés aux correspondances qu’elle impose à ses clients. Pour la direction de la ligne, il n’y a pas de données inexistantes, il y a un temps nul, d’où la performance exceptionnelle perçue dans les bureaux de la direction de la ligne pour le dessin de la ligne à 2 systèmes indépendants: le changement à Juvisy est transparent pour les statistiques de SNCF tant il est court.

C’est bien sûr absolument incompatible avec les dispositions du contrat entre SNCF et IdF Mobilités et j’estime qu’il est nécessaire de le faire découvrir à IDFM. D’où ce billet sur le site de l’Adumec qui, j’ai de bonnes raisons de le penser, est lu par des personnes importantes pour la suite à donner au SA2019.

Il est indispensable de disposer d’un outil de mesure objectif des correspondances à Juvisy, non seulement parce que c’est dans le contrat de SNCF, mais aussi et surtout parce que cela permettra de comprendre pourquoi cette organisation à deux systèmes indépendants est si décevante.

Sans cet outil, tous les résultats exprimés par SNCF et repris jusqu’à la présidence de la région n’ont aucun sens. On peut même affirmer qu’il ne fallait pas déployer le SA2019 sans disposer au préalable de la mesure du temps du trajet total de chaque voyageur.