SNCF doit respecter le contrat avec IdF Mobilités

SNCF Mobilités est le prestataire du syndicat « IdF Mobilités ». IdF Mobilités est l’organisateur des transports publics dans la région Ile de France.

Le lien entre ce syndicat et l’établissement public est un contrat, adopté par les 2 parties.

Dans ce contrat, IdF Mobilités définit une offre de transport et un niveau de service et un mode de pilotage pour l’exécution de ce contrat.

Cliquez sur l’image pour ouvrir la page consacrée à ce contrat sur le site de IdF Mobilités.
On découvre, dès les premières lignes de cette page, que  » Le respect de la ponctualité et de la qualité de l’offre réalisée est un impératif majeur. «  .
Un peu plus loin sur la même page, on lit que:
 » Un suivi plus fin de la ponctualité, distinguant heures pointes et heures creuses « 
et
«  Une prise en compte du trajet « origine-destination » du voyageur, pour s’affranchir de la configuration par branche de certaines lignes du réseau. Cette méthode de calcul sera partagée avec les Associations de voyageurs concernées et appliquée dès 2017 sur les lignes C et D du RER. « 

Le contrat lui-même est un gros pavé de 176 pages, plus des annexes. Nous le parcourerons pas exhaustivement maintenant. Nous allons revoir les premières lignes du premier chapitre, là où sont exprimées les ambitions, il ne parle pas d’objectifs mais il faut bien comprendre qu’il s’agit de cela et que c’est partagé entre les deux parties.

Ainsi, page 10, dans « Les ambitions du contrat« :

La qualité de l’offre est davantage mesurée à l’aune du vécu des voyageurs : la suppression des trains ainsi que la suppression des arrêts en gare sont sanctionnés dans l’indicateur de ponctualité qui sera désormais calculé mensuellement afin de ne pas lisser le résultat sur l’année. La distinction entre heures de pointe et heurescreuses est désormais fournie ainsi que le poids de l’évolution de la ponctualité des branches, et cela afin de mieux rendre compte des progrès réalisés sur chacune d’entre elles. La notion de « branche » est également réformée, pour s’affranchir d’une vision technique et ainsi correspondre à un parcours voyageur.

C’est la raison pour laquelle j’affiche les chiffres de ponctualité par segments de trajet avec Juvisy comme pivot sur le trajet Malesherbes – Paris et c’est pourquoi je n’extrais que les chiffres pendant les plages d’heures de pointe et dans le sens de la pointe.

SNCF ne le fait pas et se contente d’exprimer des chiffres moyens qui ne représentent aucun trajet d’un voyageur réel.

Un peu plus loin, au bas de la page 11:

« Enfin, le contrat permet de poursuivre le travail d’écoute des usagers et des élus via :
-des comités de lignes au fonctionnement amélioré ;
-un dialogue préalable à la mise en place de nouveaux horaires avec les associations d’usagers et les élus concernés ;
-la poursuite des retours d’expérience pour comprendre les causes des incidents majeurs et surtout appréhender les moyens de les prévenir ;
-l’information des associations d’usagers et des élus en amont de travaux influençant significativement les conditions de réalisation de l’offre commandée par le STIF »

Il n’y a pas de dialogue avec les associations d’usagers et les élus concernés. IdF Mobilités est incapable de nous montrer les compte-rendus de concertation et les PV des contributions de chacun.
Il n’y a pas d’exploitation des retours d’expérience. Par exemple pour comprendre pourquoi les aléas du nord de Juvisy se progagent encore jusque sur la branche de Malesherbes.

Il est donc inutile de lire les 165 pages suivantes. SNCF doit commencer à afficher et exploiter des indicateurs de ponctualité représentatifs des vrais trajets des vrais voyageurs, et pas un indicateur moyen sur toute la ligne et toute la journée ou tout le mois. C’est dans le contrat.

Les chiffres doivent être mis à disposition de l’organisateur ET des associations d’usagers et d’élus.

L’analyse de ces chiffres et du retour d’expérience font partie du contrat, on attend encore malheureusement.

Avec le SA2019, que devient la régularité?

Le SA2019, c’est à dire de notre point de vue le débranchement du RER D et le changement obligatoire, a été mis en oeuvre à partir du 9 décembre 2018.

Si on écarte les vacances de Noël, avec un service réduit et une « grève locale », qui rendent les statistiques difficiles à comparer, en écartant aussi les fins de semaine, nous sommes arrivés, le 21 janvier 2019, à 28 jours d’exploitation ordinaire. C’est à dire des jours où tout le monde travaille, et avec SNCF qui est supposée produire le service nominal.

SNCF met à la disposition du public les statistiques de régularité de la veille, sur n’importe quel trajet de la ligne D. C’est sur le site:

http://maponctualite.transilien.com

Les chiffres y restent 14 jours puis ils disparaissent. Je prend soin de les collationner, sur le trajet Paris – Malesherbes avec un changement à Juvisy, dans les 2 plages horaires de pointe, 6h00 à 10h00 et 16h00 à 20h00.

Cliquez sur le tableau pour ouvrir le PDF

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SNCF annonce que le SA2019 est un succès car la régularité dépasse maintenant 90%. Il s’agit de la régularité moyenne, sur toute la ligne et toute la journée.

MAIS, comme il n’y a aucun voyageur qui est « moyen », qui emprunte toute la ligne et toute la journée, je préfère m’intéresser aux trajets entre Malesherbes et Paris avec un changement à Juvisy, dans la plage horaire de la pointe, dans le sens de la pointe. J’estime que c’est représentatif d’une large majorité des usagers du RER D.

On découvre alors que, sur les 28 jours « ordinaires », il n’y en a que 3, sur 28, où les 2 segments dans les 2 sens dépassent 90%. (18/12, 21/12 et 3/01)

Si on est moins exigeant en cherchant les jours à au moins 85% de régularité sur les 2 segments dans les 2 sens, alors on en trouve 4, sur 28. (on ajoute le 16 janvier)

Je pense que c’est la raison pour laquelle le ressenti des voyageurs est si mauvais quand ils nous envoient leurs témoignages: aux heures où la majorité d’entre nous sommes dans le train, ça ne marche pas.

SNCF nous explique souvent que le RER souffre de sa fréquentation en établissant une relation linéaire entre la progression de la fréquentation et la dégradation de la régularité. Cela revient aussi à dire que s’il n’y avait pas de voyageurs, la régularité serait de 100%, un rève de directeur de ligne D….

Bref, si le ressenti exprimé dans les témoignages que nous recueillons est si mauvais, s’il n’y a pas de témoignages de satisfaction, c’est parce que le taux de régularité exprimé par SNCF ne mesure pas combien les attentes des clients sont satisfaites. Et SNCF poursuit un objectif qui n’est pas de satisfaire ses clients.

Rappelons que nous attendons de SNCF:
– aller jusqu’à ou venir depuis Paris Gare de Lyon
– passer un temps raisonnable dans le train
– réussir son trajet avec une probabilité élevée.