Le nouveau recours contre le service annuel 2019 a été déposé

Comme cela avait été annoncé lors de l’assemblée générale, le 16 janvier dernier, l’association de défense des usagers, et des Maires et des élus en colère de la ligne RER D Sud – Branche Malesherbes (ADUMEC) a déposé ce mardi 13 février un nouveau recours devant le Tribunal administratif de Paris contre les délibérations d’Île-de-France Mobilités entérinant le projet de service annuel 2019 pour la ligne D du RER.

« Notre association et les communes d’Etiolles, Ris-Orangis et Soisy-sur-Seine (pour le Collectif des habitants et associations du Val de Seine) ont déposé deux recours conjoints » précisent Jean-Jacques BOUSSAINGAULT (président d’ADUMEC, Maire de Boigneville) et Jacques MIONE (trésorier de l’association, Maire de Ballancourt-sur-Essonne).

« En opérant une réorganisation radicale des conditions d’exploitation de la ligne de RER D, avec  une coupure importante dans son tracé actuel, puisqu’il sera désormais impossible pour les usagers de rejoindre directement Paris, Île-de-France Mobilités porte directement atteinte à notre territoire et à ses habitants. »

« Outre les illégalités que nous soulignons dans ce recours, et l’insuffisance ainsi que l’irrégularité de la concertation préalable, puisque ce projet était en réalité ficelé d’avance, nous voulons démontrer que ce service annuel est incompatible avec le Schéma directeur régional d’Île-de-France (SDRIF) et le plan de déplacements urbains (PDUIF) en vigueur. »

« L’atteinte portée par le SA 2019 aux communes situées sur la ligne du RER D, qui ne bénéficieront plus d’un accès direct à Paris, n’a pas seulement pour conséquence de rompre l’égalité de traitement au détriment des usagers qui habitent ou travaillent sur ce territoire. Elle affecte également le potentiel de toutes nos communes en matière de développement économique.»

« Fracturer ainsi des territoires, les isoler, pour soi-disant améliorer la ponctualité sur le reste de la ligne, ce qui ne sera pas le cas, c’est aborder la problématique des transports par le petit bout de la lorgnette » poursuit le député Franck MARLIN, porte parole de l’ADUMEC.

« Il y a un problème de saturation du réseau. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai saisi l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (ARAFER) afin qu’elle intervienne en tant que régulateur pour que les rôles de chaque partie prenante soient assumés et que la loi soit appliquée. Un avis de saturation permettrait d’étudier la problématique dans son ensemble, sans se focaliser uniquement sur le RER D, en prenant en compte l’utilisation du réseau et les priorités actuellement données aux TER et aux TGV, et d’imposer les investissements qui s’avèrent nécessaires pour augmenter les capacités de l’infrastructure, du matériel roulant,…

« Scinder la ligne D ne résoudra rien. À l’inverse, cet avis de saturation rassemblerait tous les acteurs concernés pour mettre en place une véritable et ambitieuse politique de transports publics ferroviaire qui répondrait enfin aux enjeux de tous les territoires franciliens et de tous les franciliens eux-mêmes. C’est aussi tout le sens de notre combat au service des usagers. »

Les deux vallées, celle de l’Essonne et celle de la Seine, collabore en effet très étroitement. Les deux recours sont les mêmes, mais les différences de statuts des personnes morales parties prenantes dans ce combat imposent de séparer les recours, même si leurs contenus sont identiques.

Usagers et élus plus que jamais mobilisés et unis contre le Service annuel 2019 pour le RER D

C’est nombreux et motivés que les adhérents, usagers et élus, se sont réunis le mardi 16 janvier 2018, à Boutigny-sur-Essonne, à l’occasion l’assemblée générale de l’ADUMEC (Association de défense des usagers, et des Maires et des élus en colère de la ligne RER D Sud).

Alors que la barre des 7500 signatures vient d’être dépassée contre le projet qu’Île-de-France Mobilités a récemment approuvé, Jean-Jacques BOUSSAINGAULT, Président de l’association, a fait état des nombreuses actions menées tout au long de l’année 2017.

Outre les différentes opérations de tractage dans les gares, les interventions effectuées auprès de la Présidente de la Région Île-de-France, du Président du Conseil départemental de l’Essonne, de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (ARAFER) et de la Commission nationale du débat public (CNDP), les élus, dont le député Franck MARLIN, sont revenus sur la manifestation organisée devant le siège d’IDF Mobilités (IDFM) en décembre dernier. Ils ont plus que  regretté de ne pas avoir été reçus par des élus du Conseil d’administration d’IDFM. Une profonde déception qui fait écho à celle déjà ressentie face à l’absence de concertation qui, dans les faits, n’a jamais eu lieu malgré les engagements pris par la Région. « Cela prouve que tout était donc bien ficelé dès le départ… » 

« Depuis le début, nous n’avons eu de cesse de défendre nos territoires et les usagers du RER D. Des propositions ont été formulées pour améliorer les conditions de transports de tous les usagers, et non au détriment des uns pour un soi-disant bénéfice pour d’autres. Nous, nous nous battons pour défendre l’intérêt général. Le double discours que nous avons entendu et tout au long de l’année de la part de la Région, et plus particulièrement du Vice-président en charge des transports, est profondément choquant ».

Les élus ne s’avouent pas vaincus, loin s’en faut. En effet, c’est grâce à la forte mobilisation des usagers qu’un garant a été nommé par la CNDP. Chargé de garantir la transparence de la procédure, il permettra aux élus d’avoir enfin accès à des documents qu’ils n’ont jamais réussi à obtenir de la SNCF jusqu’à présent, mais aussi d’évaluer et de clarifier les engagements pris.

« Nous venons également d’apprendre que, faisant suite à nos démarches, le Tribunal administratif de Paris a mis en demeure Île-de-France Mobilités de produire sa défense dans le cadre du recours que nous avons déposé au début de l’année dernière. Ce qui démontre bien la volonté d’IDFM de faire durer la procédure et met en exergue leur attitude surprenante et méprisante à l’égard de nos territoires et des  plus de 15 000 usagers concernés. »

Et justement parce qu’ils partagent le même combat, que l’ADUMEC et le Collectif des habitants et associations du Val de Seine, par la voix de Jean-Baptiste ROUSSEAU, Maire de Soisy-sur-Seine, également présent à l’assemblée générale, ont décidé d’unir leurs forces. Ils déposeront conjointement un nouveau recours contre la délibération d’Île-de-France Mobilités qui a entériné le projet de service annuel.

« Un constat s’impose : la mobilisation s’étend, elle n’a jamais été aussi forte. Aujourd’hui, nous mutualisons nos forces au service des usagers de la ligne D et des habitants. Nous ne baisserons pas les bras, nous sommes toujours aussi déterminés et nous invitons tous les habitants concernés à nous rejoindre ! »

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