SA2019: l’échec de l’amélioration de la ponctualité

Bonjour à tous,

De retour sur le blog, après une longue absence indépendante de ma volonté, je vais vous livrer les statistiques de ponctualité tirées des chiffres de SNCF, sur toute la ligne D et sur le parcours Malesherbes – Gare de Lyon.

Tous les chiffres sont extraits du site Internet de Transilien, sur la page:

https://maponctualite.transilien.com/index.php/rer-d

Sur cette page, les chiffres disparaissent au bout de 14 jours, c’est pourquoi je les consulte régulièrement pour les conserver dans un tableau Excel. Voici ce tableau, d’une part en version Excel, d’autre part en PDF


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Dans les feuilles consacrées à chaque mois, seuls les jours ouvrables sont relevés, pendant les heures de pointe (6h00 – 10h00 et 16h00 – 20h00) et seulement dans le sens de la pointe.
Les chiffres des jours de « conflits sociaux » ne sont pas mis à disposition par SNCF, ils ne contribuent pas aux moyennes calculées.
Le SA2019 a démarré le 9 décembre 2018, le tableau va jusqu’au 30 novembre 2019.

La première feuille est une synthèse par années.

1er résultat: En 2019, la moyenne pour toute la ligne de chaque moyenne mensuelle: 86%

L’engagement, celui d’IdFM dans la délibération du 13 décembre 2017 qui adopte le SA2019, est 90% au moins sur toute la ligne, tous les jours, à partir du 9 décembre 2018.
C’est donc l’échec d’IdFM, l’engagement essentiel n’est pas tenu.
C’est aussi l’échec de SNCF qui a signé un contrat avec IdFM pour respecter cet engagement.
Même si c’est 2% mieux que le SA2018, c’est encore 4% au dessous de l’engagement.

Rappelons que cela signifie que 14% des voyageurs de toute la ligne, toute la journée, ne sont pas arrivés à l’heure à leur destination. Pour 600.000 voyageurs quotidiens, ils sont 84.000 à être mis en retard, chaque jour, par le RER, en moyenne sur l’année.
Voici le tableau des chiffres pour toute la ligne, mois par mois, depuis 2013

Et voici le tableau des moyennes annuelles par Service Annuel (SA de décembre à novembre)

Aucune évolution significative, malgré la mise en oeuvre du SA2014 (+ 8 minutes entre Gare de Lyon et Villeneuve Saint Georges) et celle du SA2019 (correspondance obligatoire pour les vallées de l’Essonne et de la Seine et décroisement de Corbeil)
Le seul fait saillant: malgré de gros sacrifices, nous restons 4% sous l’engagement en 2019.

En s’intéressant plus particulièrement au trajet Malesherbes – Gare de Lyon, aux heures de pointe et dans le sens de la pointe, pendant les jours ouvrables, on arrive à des résultats franchement mauvais.

Si, au sud de Juvisy, nous sommes proches de 90%, au nord de Juvisy, c’est le désastre. 77 et 80% respectivement le matin et le soir.
Et, sur l’intégralité du trajet, en combinant les ponctualités des 2 tronçons par une multiplication :

Vous lisez bien: 68% le matin et 73% le soir. JAMAIS la ligne D n’a si mal fonctionné.
Et même si la situation semble s’être améliorée au nord de la ligne, ce qui tire la moyenne de la ligne vers le haut, le trajet Paris – Malesherbes est sinistré, même pour les voyageurs du Plateau pour lesquels le SA2019 renforce l’offre en théorie.
Vous ralez parce que vos trajets sont devenus aléatoires? Vous avez raison, les statistiques de SNCF le démontrent.

Il reste maintenant à le faire admettre à la direction de la ligne D et au CA d’IdFM, qui restent campés sur la progression de 2% de la moyenne générale de la ligne et en attendent de la reconnaissance.

Enfin, en abandonnant le regard du cheminot et en adoptant celui du galérien du RER D, on peut compter les jours où les ponctualités des 2 tronçons de part et d’autre de Juvisy ont été d’au moins 90% le matin et le soir:

18 jours en une année! Soit près de 1 jour sur 15.
Tous les matins en se levant, le galérien sait qu’il a 14 chances sur 15 que son aller et retour au travail ne se passera pas comme promis par SNCF et IdFM.
La durée des trajets et les horaires réels sont devenus volatiles et imprévisibles, et c’est clairement insupportable.

Non, le SA2019 n’est pas un progrès. Au contraire, comparé aux autres SA depuis 2014, il a introduit plus de volatilité et plus de hasard au prix du sacrifice des vallées de la Seine et de l’Essonne

Ponctualité sur Paris – Malesherbes en mars 2019

Nous venons de terminer le dernier jour travaillé de mars 2019, il est temps de se retourner vers le tableau des chiffres de ponctualité que j’accumule chaque jour à partir des chiffres publiés par SNCF sur la page

http://maponctualite.transilien.com

Rappelez vous qu’il s’agit de collecter les chiffres de ponctualité pendant les jours travaillés et hors vacances scolaires.

La ponctualité, c’est la part des voyageurs arrivés à leur destination avec un retard inférieur ou égal à 5 minutes.

Ces chiffres sont accumulés sur le trajet Gare de Lyon – Malesherbes, aux heures de pointe et dans le sens de la pointe. Ils sont découpés en 2 segments car SNCF ne sait pas mesurer le temps passé à changer de train, ni même mesurer combien de changemente de train se passent comme espéré selon les horaires théoriques.

Enfin, rappelez vous bien que le SA2019 a été adopté par Ile de France Mobilités en échange de l’engagement par SNCF d’une ponctualité d’au moins 90% sur toute la ligne. Il faut comprendre qu’il s’agit d’un engagement dès le 1er jour, le 9 décembre 2018, pour tous les jours, toute la journée et sur toutes les branches.

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Seule une journée en mars a été conforme à cet engagement de ponctualité, le 21mars. Sur un total de 20 jours en mars, c’est un « taux de qualité » de 5%. C’est très mauvais.

Cependant, si on calcule une moyenne arithmétique, on trouve une ponctualité de plus de 90%, en mars sur Paris – Malesherbes. C’est la raison pour laquelle SNCF est contente.

Mais du point de vue des voyageurs, les gueux de l’étoile de Corbeil ou encore les galériens du RER D, seule une journée s’est passée pratiquement comme promis.

C’est très mauvais. Et c’est le seul avis qui compte car c’est celui des clients finaux et, surtout, c’est une appréciation faite selon les termes du contrat entre l’autorité organisatrice et le prestataire qui produit le service.

Il y avait eu une journée conforme à l’engagement de ponctualité en février, le 22 février. 2 jours réussis sur un total de 133 jours travaillés hors vacances scolaires, c’est un taux de réussite de 1,5% pour SNCF depuis le début du SA2019.

En d’autres termes, mais pour dire la même chose, le galérien, qui arrive à la gare le matin pour aller à son travail et en revenir le soir, organise sa journée pour être à l’heure au travail et revenir à la maison à une heure prévisible pour la suite de la soirée. Chaque matin, il a 1,5% de chance de gagner ce pari quotidien.

Pourtant, la moyenne arithmétique du tableau dépasse 90% et cela permet à SNCF de crier sa satisfaction.

Il y a cependant beaucoup d’insatisfaction et de colère dans les témoignages que nous recevons. Ce 1,5% de chances de réussir sa journée de galérien suffit à comprendre le gouffre qui sépare les galériens de la direction de SNCF.

SNCF est une société d’ingénieurs, très éloignée des préoccupations et des attentes de ses clients finaux. Espérons que cet éclairage par les chiffres soit une illumination et qu’un trait d’intelligence les traverse.

Enfin, les autres chiffres promis pour évaluer la performance du service restent cachés. Il s’agit des chiffres dus au titre du contrat entre IDFM et SNCF: le taux de réussite des correspondances imposées et la part de l’offre réalisée. C’est inacceptable.